Édito ambassadrice de Suisse au Cameroun

NATALIE KOHLI
Ambassadrice de Suisse au Cameroun
La Suisse est heureuse de renouveler sa confiance cette année, en tant que pays hôte du Festival du Film YARHA 2025 pour sa 11ième édition. La Suisse a dans le passé soutenu le festival de manière ponctuelle, mais jamais en tant que pays hôte!
Le thème de cette édition : « L’avenir du cinéma en Afrique à l’ère de l’Intelligence artificielle / IA » nous a semblée bien mesurée en observant l’avancée et l’espace gagné par l’IA dans la production cinématographique dans le monde et en Afrique en particulier.
Même si la Suisse n’a pas d’industrie cinématographique de type hollywoodien, elle produit un bon nombre de films chaque année dans ses différentes langues nationales. Ces films contribuent à la recherche de l’identité culturelle du pays et un nombre d’entre eux arrivent aussi sur les écrans internationaux. Un vecteur important de la promotion des films suisse est la Fondation SWISS FILMS qui veille à la visibilité de la création cinématographique suisse dans le monde entier à travers la diffusion de films suisses et la mise en réseau des professionnels du film suisse à l’échelle internationale.
Ces dernières années, la qualité des coproductions helvétiques et l’effort pour les faire rayonner à l’international ont permis à quelques films suisses de sortir des frontières suisses et de toucher des millions de spectateurs dans le monde.
Les festivals de films sont eux également une plateforme cruciale pour faire connaître la production cinématographique d’un pays à un public international. La Suisse a ainsi été l’invitée d’honneur du Marché du film au Festival de Cannes de l’année 2024. L’industrie cinématographique helvétique a ainsi bénéficié d’une présence de premier plan, dans ce marché qui se tient en marge du Festival de Cannes. La Suisse est également pays hôte de plusieurs festivals internationaux de films en Suisse, dont par exemple le Festival du film de Locarno, qui est la principale manifestation cinématographique suisse. Né au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le festival a offert une scène de renouveau, de liberté d’art et d’expression à des talents du monde entier désireux de raconter des histoires d’une manière nouvelle et différente. Depuis sa création, Locarno accueille les films les plus audacieux, les plus avant-
gardistes, les plus novateurs, projetés dans leur version originale.
Au vue de notre histoire, de notre attachement au cinéma et aux festivals de cinéma, il était donc un choix naturel pour l’Ambassade de Suisse à Yaoundé de répondre positivement à l’invitation de l’Association YARHA de devenir pays à l’honneur de l’édition de cette année, et ce parce que :
Premièrement, il s’agit d’une magnifique opportunité de montrer aux spécialistes et au public Camerounais ce que la Suisse a à offrir dans le domaine du cinéma. Comme le Cameroun, nous sommes un pays multilingue et nous produisons aussi des films en langue française. C’est une véritable opportunité de se connaître mieux et de créer des ponts entre nos deux pays à travers le cinéma. Car nous sommes convaincus : le cinéma n’existe qu’en tant que forme d’art capable de dialoguer avec un large public. Deuxièmement, la Suisse est un pays d’innovation : depuis 14 ans la Suisse est chaque année en tête du ranking des pays les plus innovateurs du monde. La thématique de l’IA nous invite donc à réfléchir à ce que, comment l’innovation et l’art peuvent de nos jours aller main dans la main et quels seraient les défis et opportunités que présenterait l’IA pour la production des scénarios, les professions du cinéma, la post-production technique, le marketing entre autres.
L’Ambassade de Suisse par cette participation, entend encourager la création et la production cinématographique ainsi que l’entreprenariat culturel féminin.
Nous avons sélectionné pour le plaisir des cinéphiles, trois films qui seront projetés durant ce festival.
Comme déclarait Giona A. Nazzaro, directeur artistique du festival de film de Locarno : « Le cinéma est un langage qui se parle au présent. Si nous ne savons pas ce qui s’est passé avant, nous ne pouvons pas avoir une conversation significative sur ce que nous voulons faire demain. Connaître ce que l’on appelle le passé est le meilleur moyen de commencer à façonner l’avenir ». Nous nous réjouissons de cette opportunité de dialogue et d’échange du 19 au 26 janvier 2025 !
